Les aménagements du quotidien
Trouver la bonne porte d’entrée.

Cet article fait référence à celui sur les troubles du neuro-développement (TND), que je vous invite à lire en premier.
Si chacun est différent, la société est adaptée à un type de profil. Celui qui peut s’assoir en classe, écouter, faire un exercice dans les temps, se dépenser suffisamment dans la cour de récréation, parler avec les autres, jouer au foot sans être choisi en dernier ou exclu… Nous avons vu que certains de ces éléments peuvent faire défaut à un enfant porteur de TND. Et pourtant, ils doivent s’adapter à ce fonctionnement, tout faire pour entrer dans la boîte et ne pas prendre trop de place. Ne pas trop la secouer. Pendant un temps, c’est eux qui s’aménagent. Et puis un jour, ça ne marche plus.
S’aménager soi même est un poids trop lourd à porter.
Lucie est myope, elle porte des lunettes. Personne ne s’est demandé s’il était nécessaire pour Lucie de les mettre en classe. Elle a fait des examens, l’ophtalmologue lui a prescrit des lunettes et elle les a mise.
C’est pareil pour un enfant porteur de TND. En comprenant leur profil, on se rapproche de leurs besoins. On peut trouver par quelle porte entrer et les accompagner vers la suite. Mais cette porte n’est pas toujours la même que pour leur voisin de table. Et alors ? Le but n’est-il pas le même ? Qu’importe le moyen pour y parvenir !
Les aménagements, se sont les lunettes de Lucie. Un enfant qui a besoin d’aménagements, doit en bénéficier. C’est ça, de mon point de vue, l’égalité des chances. Ce n’est pas à l’enfant de s’adapter pour apprendre comme les autres mais à nous de trouver comment lui transmettre le savoir.
En classe, les choses sont parfois difficiles à mettre en place. Il y a de nombreux élèves et souvent, plusieurs sont en difficulté. L’enseignant ne peut répondre à tous les besoins de chacun de manière personnalisée seul. C’est évident. C’est pourquoi il est important que les aménagements soient réfléchis avec l’enseignant ou que lui soit proposée une liste afin qu’il puisse choisir de mettre en place ce qui est humainement possible pour lui dans son contexte de classe propre.
Lise JOFFRES, Psychomotricienne.