Soutenir l’accompagnement psychomoteur avec son enfant, chez soi.
Quelques grands principes
Cette dimension de l’accompagnement psychomoteur est essentielle pour soutenir:
- L’adhésion de l’enfant à l’accompagnement.
- La généralisation (= mettre en pratique les apprentissages dans différents endroits) du travail réalisé en séance.
- Le processus de plasticité cérébrale (modulation de l’organisation neuronale en lien avec la fixation des apprentissages). Un article sera bientôt en ligne sur le sujet.
- La mémorisation des apprentissages.
- L’efficacité de la prise en charge, tout simplement.
Quelques éléments à avoir en tête pour le travail à la maison :
- Les parents et accompagnants de l’enfant sont des co-thérapeutes.
Ce sont eux qui connaissent le mieux l’enfant, le voient au quotidien et interviennent avec eux. Ils ont un rôle essentiel dans l’accompagnement de l’enfant et la cohérence des suivis. Ils font le lien, sont source de continuité entre la salle de psychomotricité et la maison. Sans eux, une séance par semaine serait largement insuffisante à la plupart des accompagnements. Ils sont une ressource de par leurs observations, leurs interventions et leurs réflexions autour de l’enfant et de ces difficultés/évolutions. Le thérapeute a besoin d’échange, de partage avec le parent pour guider sa prise en charge, l’adapter au plus près des compétences de l’enfant pour ensuite le guider un peu plus loin.
- Les parents et accompagnants ont une relation privilégiée avec l’enfant.
La plupart d’entre vous l’ont remarqué durant le confinement, le travail du parent avec l’enfant est rarement le même que celui du thérapeute. Et cela est souvent en lien avec la relation particulière entretenue entre les uns et les autres. Les enfants connaissent leur famille sur « le bout des doigts » ; ils retrouvent en eux une sécurité, un sas de décompression et peuvent exprimer leurs émotions et leurs ressentis avec plus de liberté. En général d’ailleurs, ils ne s’en privent pas.
Le thérapeute créé quant à lui une autre relation avec l’enfant. Il le voit très peu de temps, en général, une à deux fois par semaine et place un cadre précis au sein des séances. L’enfant est parfois seul, parfois en groupe. Mais ce sont en général des groupes restreints par rapport à un groupe classe. Le thérapeute est en relation constante avec l’enfant, et le temps de séance est privilégié, dédié à l’enfant. L’enfant a l’habitude de venir en séance, sait ce qui est attendu de lui et pourquoi, connait le début et la fin. La relation est toute autre.
- Trouver le rythme de l’enfant
Chaque enfant a son propre parcours, son évolution. Il est bon de savoir ce que votre enfant est capable de réaliser et pendant combien de temps afin de lui proposer des défis à sa hauteur, qu’il pourra relever. L’important n’est pas la quantité mais la qualité. Il est plus pertinent de travailler peu mais avec succès que beaucoup en conflit. L’enfant gardera en mémoire la difficulté, les émotions complexes que lui et vous avez dû gérer et il sera donc difficile pour lui de ré-investir une prochaine séance.
Pour résumer, il vaut mieux quelques minutes chaque jour que des heures une fois ou deux par semaine.
Ce temps est aussi important pour vous : soyez disponible et non pressé. Si cela est compliqué, prévoyez simplement 5 minutes. Mais 5 vraies minutes de disponibilité, d’écoute, de bienveillance, de soutien pour votre enfant pendant qu’il réalise l’exercice.
- Partir de son niveau
Cette partie est selon moi, la plus importante. On aime faire ce que l’on sait faire. On veut progresser dans les domaines où l’on a déjà quelques performances ou bien si ce que nous allons faire nous semble abordable. C’est pour tous pareil.
Il est plus que nécessaire de prendre le temps de déterminer le niveau de l’enfant pour lui proposer des activités qui sont, en premier lieu, à son niveau puis, augmenter TRES PROGRESSIVEMENT les enjeux. Ainsi, il se sentira et sera performant, en confiance, et acceptera de se « mettre en danger » dans un défi plus grand. Prenez donc le temps de déterminer son niveau avant de lui proposer quoi que soit.
- Lui donner un objectif atteignable et clair
Savoir où l’on va. Nous avançons tous par objectifs. Sauf que, la plupart du temps, c’est nous qui posons nos propres objectifs. Nous savons ce que nous voulons atteindre avant d’aller faire la pause. Les enfants, eux, sont souvent des suiveurs. Nous leur imposons des objectifs qu’ils ne connaissent pas toujours et ils n’ont plus qu’à suivre la cadence. Or, il peut être intéressant de construire avec eux ces objectifs. De les aider à en choisir qui sont atteignables, éventuellement de poser une durée, un temps si besoin. Marquer le début et la fin du temps. Et pour concrétiser tout ça, pourquoi ne pas écrire sur une feuille ces différents paramètres ?
- Le récompenser de ses efforts
La récompense peut se présenter sous plusieurs formes :
- un encouragement, des félicitations
- une simple pause
- un temps de partage avec vous, un jeu de société
- un temps pour faire quelque chose qu’il aime particulièrement
- un plat qu’il apprécie
- un cadeau
→ On privilégiera en premier lieu les récompenses « sociales » : encouragements, temps partagés.
Cette récompense, chacun l’a. Pour certains, c’est la pause cigarette pour d’autres le café ou les deux, le weekend, le salaire de fin de mois… Le cerveau humain fonctionne à la récompense, alors pourquoi ne pas l’utiliser ?
A vous de jouer 🙂

Lise JOFFRES, Psychomotricienne