Les médiations
Qu’est-ce qu’une médiation ?
« Entremise destinée à mettre d’accord, à concilier ou à réconcilier des personnes, des partis, des États. »
Cette définition illustre assez bien ce qu’est une médiation en psychomotricité. Le travail se fait dans la relation. Je vous invite à aller faire un tour sur l’article « La relation thérapeutique » si vous voulez quelques éléments en plus sur la notion de relation.
La médiation c’est un « espace » que l’on aménage pour que chacun s’y sente à l’aise. Pour certains ce sera le jeu, pour d’autres le sport, la relaxation ou encore la vannerie (j’ai eu un très bon exemple de cet espace avec ma tante, Psychomotricienne hors paire, merci Calou 🙂 )… et tant d’autres.
Mouais, c’est pas une excuse pour pas bosser ça ?!
J’entends souvent : « Mais toi, tu joues toute la journée ! » Et je souris simplement. Le jeu, une médiation parmi tant d’autres, offre à l’enfant la possibilité de parler SON langage. Encore une fois, comme j’ai déjà pu en parler dans les articles sur les TND et sur les aménagements du quotidien, apprenons à NOUS adapter à l’autre et non chercher l’inverse.
Donnons à l’enfant, l’adulte, l’occasion d’être à l’aise pour accepter de s’ouvrir, se découvrir, apprendre et « se mettre en danger ».
Pourquoi cette expression ?
Parce qu’apprendre, c’est essayer. Essayer c’est prendre le risque de ne pas y arriver et donc d’échouer. Et cet échec, les personnes qui entrent dans mon cabinet le connaissent bien. Elles le côtoient presque tous les jours. L’échec, la différence. La réussite au prix d’efforts intenses. La réussite et puis au lit. Pour aller plus loin sur l’estime de soi, un petit article arrive bientôt.
Alors, précisément ?
La médiation, c’est chercher comment entrer en relation avec l’autre pour parler la même langue. Parfois avec, parfois sans mot. Mais échanger quelque chose.
La médiation c’est un couteau suisse teinté. Chaque professionnel maîtrise l’une ou l’autre et souvent, plusieurs. Et il peut ainsi puiser dans ses connaissances pour trouver celle qui fonctionnera. Celle qui offrira cet espace contenant, sécurisant, qui permet l’erreur mais surtout qui pousse à la réussite. La médiation, c’est chercher à faire du sur-mesure.
Du coup c’est quelle méthode ça ?
L’utilisation de médiation s’inscrit dans un mode de prise en charge appelé « Bottom up ». L’idée est d’intervenir sur une fonction pour faire évoluer la personne. Par exemple, on peut travailler sur les équilibre avec la mise en place de parcours, l’attention avec des jeux d’exploration visuelle… Souvent, les supports sont diversifiés pour soutenir la généralisation et les mécanismes travaillés.
Lorsque l’on utilise ce type de prise en charge, il est important de toujours prendre du temps pour verbaliser avec le patient sur les mécanismes travaillés, stimuler sa réflexion sur les stratégies qu’il peut utiliser afin qu’il ait bien conscience du travail en cours.
La prise en charge en Bottom up est pertinente pour certains patients, en fonction de leurs besoins et de leurs profils.
Elle est souvent comparée à un autre type d’accompagnement : la prise en charge « Top down » qui est très pertinente elle aussi, basée sur la tâche. Je développerai cet aspect dans un autre article.
Qu’est-ce qu’on fait par chez nous ?
Pour ma part, j’utilise les deux types de prises en charge et j’ajuste mes propositions en fonction des patients.
Les médiations que nous pouvons utiliser au cabinet sont les suivantes :
- Le jeu moteur
- La jeu « cognitif » : jeux de sociétés principalement
- L’improvisation théâtrale
- La relaxation active et passive
- La respiration anti-stress spironess
- La zoothérapie (qui n’est pas encore mise en place pour le moment)
- La musique/les comptines/les rythmes
- La percussion corporelle
- La danse
- La stimulation sensorielle
- L’écriture intuitive et poétique
Au fil des séances, certaines vont être utilisées, d’autres non. L’idée est que le patient puisse investir la propositions et que cela lui permette d’évoluer dans les domaines relevés dans le bilan psychomoteur et concernant les objectifs choisi par sa famille et lui.
Le coin lecture :
- L’eau et la psychomotricité, Catherine POTEL
- Calme et attentif comme une grenouille, Elise SNEL
- La méthode spironess, la respiration anti-stress, Florence VILLIEN
- Exercices pratiques de poésies-thérapie, Jacques COULON
-> Beaucoup de livres existent sur la relaxation pour enfants et adultes notamment.
