Aménagements du quotidien,  TDAH

Attention!

Nous passons notre temps à dire aux enfants de se concentrer pour les aider à travailler et à comprendre un enseignement par exemple. Cependant, sommes-nous certains qu’ils nous comprennent ? Que se passe-t-il dans la tête de mon enfant quand je lui dis : « Fais attention! » ? 

Attention à quoi ? 

→ A ne rien casser ? A la façon dont je bouge avec précision, pour ne rien abîmer ?

→ Pour me protéger lorsque je suis en situation de danger ? 

→ A comment je parle, à mes mots ? 

→ Aux autres, ce qu’ils disent, font ? 

→ A l’enseignante ? à sa coiffure ? À ses mots ? 

… 

Alors, dans le contexte de classe, « faire attention », pour un enfant, ça veut souvent dire : « ne pas bouger » ou « regarder quelqu’un ». Mais finalement, l’un et l’autre ne suffisent pas quand on y réfléchit. 

→ Ne pas bouger peut aider à fixer son attention sur une cible. Mais c’est pas pour autant que je vais entendre et traiter ce que j’entends. 

→ Regarder quelqu’un ou quelque chose va être pertinent, ici aussi, l’action est incomplète : je peux fixer quelqu’un tout en pensant à autre chose. 

Ainsi, pour que l’attention soit complète j’ai besoin de plusieurs ingrédients et notamment :

  • Mon regard,
  • Mes pensées, 
  • Les images qui sont dans ma tête. 

-> Je les appelle: les alliés de l’attention.

Ces éléments sont très bien amenés dans le programme ATOL et le livre « les petites bulles de l’attention » de Jean-Philippe LACHAUX, dont cet article s’inspire. 

Pour soutenir la mise en action de ces différents éléments, j’attire votre attention sur la posture. Une posture hypotonique ramènera l’enfant vers un état de détente, proche de celui de l’endormissement pour caricaturer. Une posture hypertonique sera fatigante et difficile à maintenir. Nous encouragerons donc l’enfant à utiliser une posture soutenue par l‘environnement. Cela lui permettra une certaine stabilité avec peu d’efforts.

  • Pieds au sol, à plat ou sur une marche,
  • Fesses bien posées sur l’assise de la chaise,
  • Dos contre l’appui-dos lorsque l’enfant est en position d’écoute, 
  • Coudes posés sur la table,
  • Cou redressé. 

Ainsi le sol, la chaise et la table deviendront des supports aidant l’enfant à maintenir plus facilement sa posture. 

Petit point en milieu de parcours: clés à aborder avec votre enfant:

– Qu’est-ce que l’attention ? Comment la mettre en œuvre ? 

-> En utilisant le regard, la pensée et les images que l’on se fait dans la tête. 

– Qu’est-ce qui m’aide à rester concentré ? 

-> Ma posture assise (et d’autres éléments que nous aborderons dans d’autres articles) 

Et vous pouvez aussi entraîner ces éléments. L’idée est de créer une prise de conscience par votre enfant de son fonctionnement. De rendre le concept « d’attention » plus concret, plus palpable.

Voici un exemple très complet : 

Vous pouvez utiliser un support d’exploration visuelle : le lynx, où est Charlie, la famille OUKILE …

1) Proposez à votre enfant de faire une recherche d’un élément de la page. Par exemple un pull rouge (ou Charlie).

2) Faites le jeu avec lui, c’est toujours plus fun et motivant pour lui.

3) Une fois qu’il a trouvé le, pull rouge, demandez-lui ce qu’il a utilisé, quelles parties du corps, comment il a fait pour trouver. L’idée est de le guider pour qu’il puisse trouver tout seul qu’il a utilisé son regard.

 4) Vous pouvez ensuite lui demander s’il a regardé les détails d’une autre couleur que ce qu’il devait chercher. Il vous dira sans doute que non car le pull en question était rouge. Que s’est-il dit dans sa tête pendant sa recherche pour se diriger avec les détails rouge ?

5) Enfin, a-t-il regardé son modèle (s’il en avait un comme dans le jeu du lynx) de très nombreuses fois ou seulement quelques fois ? Pourquoi ? L’enfant pourra sans doute vous dire qu’il se rappelait de l’image du pull. C’est l‘image que l’on a dans la tête. 

Vous aurez ainsi présenté les 3 alliés de l’attention cités plus haut à votre enfant. Vous les aurez aussi expérimenté pour qu’il puisse faire le lien entre théorie et pratique. 

Pour ce qui est de la posture, j’aime faire le parallèle avec la conduite (je l’utilise énormément pour l’écriture). Je vous laisse vous référer à un prochain article sur la posture d’écriture pour un développement sur ce sujet. Vous pouvez là aussi entraîner votre enfant à la posture. 

Il faut avoir en tête cependant que le temps d’attention est limitée chez les enfants. Au fil des âges, ce temps s’allonge. Mais si votre enfant présente un trouble du neuro-développement cette durée sera peut être modifiée de par son profil mais aussi selon les heures de la journée, les contextes, le niveau de motivation… (pour plus d’informations à ce sujet : Article sur le TDAH, article sur la motivation). Ainsi, vous ne pourrez pas attendre de votre enfant une attention de qualité sur toute la journée ou parfois durant toute une conversation. Il pourra alors être intéressant de l’amener à mobiliser ses alliés de l’attention et sa posture d’écoute sur des temps brefs et précis en le sollicitant avec une phrase du genre :

  • « J’ai besoin de toute ton attention pendant que je te donne une consigne »
  • « écoute-moi bien pendant le temps du sablier »,
  • « Alliés de l’attention et posture d’écoute moussaillon ! ».

L’idée est de lui faire comprendre qu’il a doit mettre de l’énergie dans son attention particulièrement pendant ce temps qui ne sera pas long. 

Il y aura des moments où il pourra être moins concentré, se relâcher davantage au niveau de sa posture aussi. Par exemple, pour les devoirs, il peut arriver que certains enfants soient plus avachis, voir couchés ou mobiles, tout en étant actifs. Ils ont tenus toute la journée (ou presque) en classe et relâchent un peu la pression le soir. Il n’est pas mauvais de les laisser avoir une posture moins « classique » en fin de journée, surtout si leur attention reste suffisante à la réalisation des tâches demandées. 

Je souhaite aborder un dernier point : à quoi on fait attention ? Il est important de cibler et de préciser à votre enfant ce sur quoi vous attendez qu’il se concentre. Plus votre attente sera concrète pour lui, plus il sera facile à votre enfant de mobiliser son attention. Ex : « Regarde mes mains », « Lis la consigne », « Regarde le rond que je trace »…

Pour résumer : 

  • Présenter, expérimenter puis utiliser les alliés de l’attention
  • Utiliser une posture active
  • Cibler des temps d’attention courts mais de qualité
  • Préciser le sujet de l’attention

Le coin lecture pour les grands et les petits : 

Les petites bulles de l’attention de Jean-Philippe LACHAUX

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