Aménagements du quotidien

La motivation

Un article sur la motivation ? Mais pourquoi ?! 

Je viens ici tenter de redorer son blason. Je me rends compte qu’elle a perdu sa réelle signification. On la confond trop souvent avec l’envie, la flemme, la volonté, l’investissement, le chantage même parfois. Et pourtant, elle devrait être vue comme essentielle, intégrée dans tout processus d’apprentissage ou tentative d’enseignement. Car elle est un moteur d’engagement, de persévérance, de mémorisation et d’attention. 

« Il n’est pas motivé. Il n’a pas envie. Il ne veut pas. Quand il veut, il peut. »

Des phrases tout à fait justes en fait. Mais voyons la chose autrement et posons-nous la question :

Pourquoi fonctionne-t-il comme cela ?

A part pour certains, si je vous dis : « Mangez ces insectes vivants maintenant. » Peu d’entre vous le ferons si je ne vous y oblige pas. Par dégoût peut-être, ou par manque d’intérêt. Si je vous dis maintenant que je vous donne 1000 euros si vous le faites, certains d’entre-vous tenterons sans doute l’expérience. Enfin, si je vous dis que la somme à gagner s’élève à un million, probablement qu’une grande part d’entre vous se lanceront. Vous serez motivés. Suffisamment. 

Nous sommes créés pour fonctionner à la motivation. Nous allons travailler le matin pour gagner de l’argent. Certains d’entre nous, avec de la chance, aiment leur travail. La motivation ne résidera alors pas seulement dans le gain mais dans le plaisir de la tâche. Nous nous impliquons, mettons de l’énergie dans ce qui nous motive, nous fait vibrer. 

Pourquoi serait-ce différent pour les enfants ? 

Quel intérêt il y a-il à faire ses devoirs ? A mettre ses chaussures ? A ranger sa chambre ? D’un œil adulte, il y a tout pleins de réponses à ces questions. Cependant, même avec explications, l’enfant ne s’appropriera ces réponses qu’en partie, et surtout par obéissance à l’adulte (ce qui en soi, est déjà pas mal !). Continuer de jouer reste plus intéressant et logique pour lui. 

La motivation, concrètement, c’est quoi ? 

Elle est en lien avec le système dopaminergique. Hein ?! Pour simplifier, les neurones s’envoient des messages. Et pour cela, il utilisent des messagers spécialistes de certains messages… ici la dopamine : elle transporte les colis en lien avec la motivation et les postent sur le neurones suivant pour que le message se transmette. Lorsque cela est fait, nous sommes motivés et avons envie de retenter/tenter une expérience. Comme dans les applications du téléphone : je monte en niveau, un feu d’artifice me félicite… 

Malheurseusement, parfois, le message n’est pas transmis ou retourne à l’envoyeur avant même sa transmission.. et la dopamine n’est donc pas toujours transmise. La motivation en est donc affectée.

Que faire ? 

Quand la motivation n’est pas là, il va falloir la créer : 

  • Mettre du défi (la course, le record), du fun (jeu, théâtralisation, humour…),
  • Des encouragements, de la confiance en soi (« je suis sûr que tu es capable de…, tu as réussi la dernière fois, j’ai hâte de te revoir en action! »)
  • De la reconnaissance après l’action. Fixez, marquez les réussites, même si parfois elle vous semblent anodines, normales. Si d’habitude votre enfant ne parvient pas à réaliser une action et que cette fois-ci il y arrive, ou presque, c’est une réussite. Parfois, une tentative est une réussite à elle seule.
  • Une récompense. Attention avec ce dernier point. Une récompense verbale est parfois suffisante et prioritaire bien sûr. Parfois cela ne suffit pas. Seront alors conseillés : du temps : de jeu, de sorties, d’écran.. ou bien des choses spéciales : un repas préféré, le choix d’un film, d’un vêtement pour le lendemain.. et, en dernier : un cadeau. 

Créer de la motivation c’est parler « humain », « fonctionnement neurologique ». Mais aussi affectif : c’est se donner l’occasion de partager un moment positif. De porter de l’intérêt à l’autre. De le regarder faire. Et nous savons que les enfants aiment qu’on les regarde faire. 

C’est aussi « rencontrer » : accepter de s’accroupir pour être à la hauteur de l’enfant. Je m’explique : nous avons des attentes. Beaucoup d’attentes. Elle viennent de nous, vers lui. Ici, nous cherchons à parler sa langue. Il aime le jeu ? Alors parlons-jeu. Nous avons toujours nos attentes mais nous les plaçons dans une sphère plus palpable, plus atteignable, plus « partagée » avec l’enfant. C’est se connecter à un autre mode. Le mode « enfant ». 

Et pour les TND ? 

Pour un enfant TDAH, le défaut de motivation est d’autant plus marqué et ce, pour des questions neurologiques bien sûr. Le message n’est pas ou peu transmis. En gros, le système de récompense qui permet que nous nous sentions fier, satisfait, gagnant, est défaillant chez eux. C’est pourquoi, pour qu’il s’enclenche, il faudra une motivation plus grande et plus fréquente. Un peu comme avec l’histoire des seuils sensoriels (voir l’article sur les particularités sensorielles). Il faudra plus de stimulations pour que le seuil soit atteint. Ce n’est pas grave. Il faut juste en être conscient afin de s’ajuster : de la motivation plus fréquente et plus forte. Voilà tout. 

Pour conclure

La motivation est partout. Elle nous pousse à avoir envie de marcher et d’apprendre à le faire. C’est une base de l’apprentissage et pas seulement un ressenti, un état. C’est bien plus profond que cela. C’est un outil réel qu’il est bon de connaître, de comprendre et dont on peut se servir à tout moment. 

Le coin lecture : 

Enfant hyperactif, inattentif ? Faire face au TDAH en famille et à l’école. Smadar Celestin-Westreicj, Léon-Patrice Celestin. 

L’hyperactivité chez l’enfant, Dr Nathalie Franc 

Le TDAH chez l’enfant et l’adolescent , coordonné par Céline Clément

TDAH, la boîte à outils, Ariane HEBERT

Programme R-PFE de l’enfant et l’adolescent, Emmanuel Madieu et Charlotte SWIATEK

Mieux vivre avec le TDAH à la maison, Line Massé, Martine Verreault, Claudia Verret

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