Aménagements du quotidien,  TDAH

La Posture Assise

Savoir s’assoir pour savoir écrire. 

Quand on passe notre permis de conduire, l’examinateur veille à ce que nous prenions le temps de bien nous assoir : 

  • La hauteur du siège (que les pieds puissent toucher les pédales) ;
  • La proximité des bras par rapport au volant ;
  • Le positionnement des rétro-viseurs ;
  • Le positionnement des mains sur le volant, les deux mains sont utilisées ;
  • La position des doigts qui tiennent le volant ;

Pour l’écriture, c’est pareil, pour avoir le permis d’écriture, il faut savoir s’assoir. 

  • La hauteur du siège : Mes pieds doivent pouvoir toucher le sol ou sont posés sur une marche. 
  • Ma proximité au volant : Les coudes posés sur la table. Le dos redressé. 
  • Les rétro-viseurs : ma tête est légèrement inclinée mais pas complètement baissée (on ne s’endort pas au volant). 
  • J’utilise mes deux mains : → L’une qui tient la feuille→ L’autre qui écrit. 
  • Je tiens mon stylo avec la bonne tenue. 

J’utilise une autre image pour expliquer la pertinence de la posture assise : 

« Ecrire, c’est difficile. C’est même l’action la plus difficile que l’on demande à notre corps ! Alors imagine à quel point ça demande de l’effort. Pour diminuer cet effort, on va devoir demander de l’aide. Et cette aide, c’est le sol, la table et la chaise qui vont nous la donner. Nous allons essayer de nous reposer au maximum pendant que nous écrivons ! Et oui ! 

  1. Se reposer au sol : c’est poser ses pieds au sol, à plat. C’est le sol qui les porte, ils peuvent se reposer. Ça fonctionne aussi avec une marche.
  2. Se laisser porter par la chaise : elle supporte nos fesses elle. Si on n’y met qu’un bout, on devra porter l’autre. Alors autant tout y mettre ! Comme ça, rien n’à faire. 
  3. La table : On y pose les coudes et les mains. Elle est suffisamment forte pour tenir tout ça. 
  4. Il ne nous reste plus qu’à partager le travail restant entre les deux mains : une qui tient la feuille et l’autre qui écrit. On garde la tête éveillée pour réfléchir à ce que l’on écrit, et le tour est joué ! 

Finalement, écrire, c’est presque un truc de flemmard non ?! »

Ajoutez à cela le jeu de la posture d’écriture : 

Il s’inspire du jeu de la chaise musicale ou de la statue.

  1. Mettez de la musique pendant que l’enfant se déplace.
  2. L’enfant doit courir s’assoir en posture assise d’écriture dès que la musique s’arrête (une feuille et un stylo sont prêts sur le bureau). 
  3. Vous, gendarme de la circulation grapho-motrice venez vérifier que la posture assise est respectée, puis laissez repartir l’automobiliste. (Vous pouvez faire une sorte de « check » pour chaque point de la posture). 
  4. S’il manque quelque chose, choisissez une seule chose sur laquelle l’enfant devra faire attention pour le prochain contrôle. 
  5. S’il réussit : c’est la fête ! 

De la même manière, je m’inspire de ces éléments pour amener la notion de « posture active » ou « posture d’écoute » pour les enfants présentant des difficultés attentionnelles et/ou des particularités sensorielles (hyporréactivité). Lorsque leur posture est avachie, hypotonique, ils se retrouvent en décrochage attentionnel car les stimulations sont insuffisantes. La posture active vient soutenir l’attention pour ce type d’enfant. On peut reprendre les éléments de la posture d’écriture en enlevant les éléments liés à l’écriture (stylo, feuille). 

Pour soutenir l’attention lorsque l’enfant est assis, on peut aussi lui proposer des outils sensoriels (voir article sur les outils sensoriels) : 

  • Une galette à picots sur laquelle s’assoir (coussin dynair),
  • L’assoir sur un gros ballon de gym, 
  • Placer un élastique autour des pieds de la chaise avec lequel il pourra jouer avec ses pieds, 
  • La galette à picots peut aussi être posée au sol sous les pieds, 
  • L’utilisation de fidgets.

Enfin, pensez que la posture assise est nécessaire en classe. Le soir, pour les devoirs, votre enfant amène avec lui le gros bagage de la fatigue. Il a peut-être davantage besoin de mobilité. Si cela ne le déconcentre pas, permettez-lui de choisir sa propre posture des devoirs et de revenir à la posture assise lorsque cela est vraiment nécessaire. 

A vous de jouer 🙂 

Le coin lecture:

La rééducation de l’écriture de l’enfant et de l’adolescent: Pratique de la graphothérapie, Chantal Thoulon-Page et Florence de Montesquieu

Troubles de l’écriture chez l’enfant (2013), Jean-Michel ALBARET, Marie-Laure Kaiser

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