Le grand défi des devoirs

La journée d’école se termine, ça y est, votre enfant est enfin à la maison ! Ouf ! Il était temps. Il va pouvoir se détendre, relâcher la pression, profitez d’un doux moment pour lui… ou pas. Après l’école : l’école ! Les devoirs, c’est un peu l’école qui s’invite à la maison. « Quand y en n’a plus, y en a encore ! » Cette impression, n’en n’est pas une, c’est la RéAliTé. Pour certains, ce moment est fluide, simple. Une étape comme une autre. Et pour d’autres, c’est le moment le plus t-e-n-d-u de la journée. Un moment de lutte, de contraintes… un poids. 

Commençons par le commencement…

A quoi servent les devoirs ? 

  • A embêter les enfants (oup’s ça on va éviter… ! ^^).
  • A mémoriser les leçons. En effet, il existe une technique pour mémoriser que l’on appelle « la technique des 6 temps » :

L’idée est de relire la leçon sur ces différents temps. La mémorisation sera ainsi facilitée, même dans le long terme. Une technique intéressante pour toute leçon et d’autant plus lorsque des examens sont en vus… 

1) 6 minutes 

2) 6 heures 

3) 6 jours

 4) 6 semaines 

5) 6 mois

6) 6 ans… bon peut être pas jusque là…:D 

Avec les devoirs, vous vous situez dans la relecture des 6 heures environ.

  • A appliquer les apprentissages et à les fixer,
  • A généraliser les apprentissages.

Mais il créent aussi : 

  • Un espace de temps partagé avec le parent, le frère ou la sœur parfois aussi.
  • L’occasion de démêler certaines incompréhensions dans un milieu plus sécurisant et moins exposé qu’en classe. 
  • La possibilité de se voir réussir, de se sentir capable et de prendre de l’assurance pour affronter la vie de classe. 
  • L’occasion d’apprendre autrement, avec d’autres outils, d’autres approches. 
  • La mise en place d’aménagements personnalisés pour mettre en valeur les connaissances si nécessaire. 
  • Le gain en autonomie lorsque l’enfant parvient à réaliser certaines parties de ses devoirs seul. 

Conseil 1 : 

Prenez le temps de discuter avec votre enfant sur l‘intérêt des devoirs. Ecoutez ses propositions, guidez-le pour trouver au moins une bonne raison, et amenez-le à en découvrir d’autres. N’hésitez pas à les noter sur une feuille de papier, et à les garder précieusement. 

Conseil 2 : 

Placez-vous en tant qu’assistant. Vous êtes là pour l’aider à atteindre ces objectifs, ces intérêts, que vous avez ensemble décrits précédemment. Vous n’êtes pas un instituteur de substitution. L’école est à l’école. Vous êtes là pour aider votre enfant à accomplir les tâches qu’il a à réaliser pour l’école mais ce n’est pas vous qui lui avez demandé de réaliser ces tâches à la base. 

Pourquoi les devoirs se déroulent aussi difficilement ? 

  • Car la plupart des enfants sont fatigués en rentrant de l’école.
  • Selon leur profil de fonctionnement (présence d’un trouble du neuro-développement par exemple), ils le sont encore plus que les autres.
  • Le cadre dans lequel ils se retrouvent n’est pas le même que celui de l’école : L’école est le lieu du travail scolaire principalement. La cour de récréation est le lieu de détente. La maison est le lieu de tout : les routines du quotidien (repas, douche,…), les temps libres, les devoirs, les câlins…
  • Vous êtes leur parent et ils n’ont pas le même affect envers vous qu’envers leur instituteur. 
  • Ils ont bien mieux à faire le soir en rentrant… 

La fatigue :

Plusieurs idées pour la gérer : 

  1. Laisser un temps de relâchement à votre enfant lorsqu’il rentre de l’école (goûter, temps en extérieur, de préférence un temps de mobilité).
  2. Prévoyez le temps des devoirs avec lui : mettez-en place une routine, donnez-lui une heure à laquelle tout commence. 
  3. Selon son âge, respectez le temps de concentration possible et prévoyez des pauses. Chez un enfant sans difficulté attentionnelle, le temps de concentration est estimé à quatre fois son âge. 
ÂgeTemps de concentrationNiveau de classe
6 ansEnviron 24 minCP
7 ansEnviron 28 minCE1
8 ansEnviron 32 minCE2
9 ansEnviron 36 minCM1
10 ansEnviron 40 minCM2
11 ansEnviron 44 min

Tableau réalisé par Aurélie VAUCHEL, Psychomotricienne

  1. Faites des pauses pendant lesquelles votre enfant sera mobile ou fera des activités relaxantes. Evitez les écrans pendant les temps de pause entre les devoirs. Ils sont à préférer dans des temps de relâchement total où vous n’aurez pas d’exigence envers eux ensuite. 

La fatigue dû aux troubles du neuro-développement :

Parfois, il sera bon de mettre en place des aménagements pour s’adapter au profil de votre enfant : 

  • Diminuer la charge de devoirs si nécessaire,
  • Privilégier le travail oral souvent moins coûteux, 
  • Prendre des notes sur l’ordinateur plutôt qu’à l’écrit.

Le cadre : 

  • Choisissez un endroit précis pour la réalisation des devoirs : préférez un endroit calme avec peu de stimulations.
  • N’hésitez pas à utiliser des outils pour marquer le temps (timer, sablier, tableau des tâches), voir articles dédiés à ces sujets. 
  • Aidez-le à préparer les affaires dont il aura besoin, éventuellement créer une « routine de la mise aux devoirs ». 
  • Demandez-vous : est-ce que mon enfant doit absolument être assis pour réaliser cet exercice ? Si non, pourquoi ne pas le laisser être debout ? Ou couché ? Ou dans une position de son choix ? Rappelez-vous qu’il a probablement été assis une bonne partie de la journée déjà…

L’affect :

En effet, vous vous retrouvez avec plusieurs casquettes dans la vie de tous les jours : réveil, cuisinier, femme/homme de ménage, taxi, instituteur et fournisseurs officiels de guillis et de câlins par moment aussi… ! 

Votre enfant vous connaît, connaît vos limites et ne se prive pas de vous amener là où il ne faut pas… Alors à votre tour de le surprendre. Avec de l’imagination de la créativité, vous pouvez rendre ces temps plus ludiques. Poussez-les murs de l’école, vous êtes chez vous ! Rien ne vous empêche de jouer en faisant les devoirs. Voici quelques idées :

Une poésie peut devenir… 

  • Une chanson ! Vous savez jouer d’un instrument ou taper sur un triangle ? Lâchez-vous et sortez le prochain single de l’été avec Baudelaire !
  • Une chorégraphie : mettez le corps en jeu pour augmenter les capacités mnésiques. On peut passer de la danse classique au hip hop et même au mime, pour ceux qui sont plus à l’aise ! 
  • Un rythme simplement et elles en contiennent très souvent un naturellement.
  • Un spectacle à préparer : pourquoi ne pas laisser notre artiste préparer sa représentation pendant que vous mettez en place la scène ?! Et surtout, n’oubliez pas le micro ! …et les tickets. 

Un problème de mathématiques peut devenir… 

  • Une enquête à résoudre : sortez la loupe, l’encre invisible et les tâches de boue sur les chaussures : rien ne doit échapper à Sherlock et Watson, au boulot ! Cette baignoire trouée ne va pas se remplir toute seule !
  • Préparer un plan : vous êtes engagés pour réussir ce problème. Listez les étapes pour y parvenir sur un plan d’attaque. Ce plan doit être parfaitement ficelé si vous voulez atteindre votre but et honorer vos engagements. 

Un exercice de mathématiques peut devenir…

  • Un défi de record à battre : basé sur le temps, le nombre d’erreurs par rapport à ses réussites précédentes par exemple. Et si vous teniez un livre des records pour y noter toutes ces belles tentatives?
  • Une construction à faire : un calcul = une pièce de plus à mettre sur la construction. Vous pouvez jouer chacun votre tour. 
  • Un parcours à réaliser : un exercice = une nouvelle étape à franchir avant le jeu de détente par excellence (si le temps de devoirs est fini, cela peut être l’écran, sinon, privilégier un autre jeu). 

Un exercice de français peut-être : 

  • Un défi de record basé sur le nombre d’erreurs là aussi
  • Une pièce de théâtre improvisée 
  • Pour la conjugaison : on peut la faire aussi dans un parcours moteur: une étape = un pronom cité + son verbe. 
  • Un échange entre des marionnettes. 
  • Un jeu de cartes : créez des cartes pour chaque pronom. Créez-en d’autres pour les verbes à travailler. Montrer une carte à votre enfant et il doit vous donnez la bonne conjugaison pour le verbe concerné. Variantes : créez des dés avec les terminaisons ou les pronoms. Vous pouvez le faire chacun votre tour, votre enfant apprendra aussi en vous écoutant. N’hésitez pas à mettre des points et des buts à atteindre. 
  • Pour une dictée: on peut s’entraîner à écrire les mots dans de la farine, du sable, par rassemblement de lettres aimantées…

Un exercice de géométrie peut-être : 

  • Une future œuvre d’art accrochée au mur (ou prise en photo puis accrochée au mur), voire décorée avant avec des feutres très spéciaux réservés à cet effet. Des feutres de dessinateur PROFESSIONNEL ! Et oui, nous sommes en présence du nouveau Picasso. Cette œuvre pourrait même être encadrée.
  • L’invention d’un code, d’une langue pour vos enquêtes futures… 
  • Tracé au sol, avec des rubans adhésifs colorés, une corde colorée.
  • Tracé avec des boudins de pâte à modeler.
  • Tracé par vous-même selon ce que vous décrit votre enfant. (Cela stimulera ses compétences de planification et d’élaboration de stratégies).
  • Une représentation des quantités dans le bain: ajoutez/enlevez des quantités, multipliez-les, divisez-les dans différents contenants. Cela peut aussi être fait pendant la réalisation d’une recette de cuisine, du jardinage…

Un exercice d’Histoire peut-être : 

  • Une histoire à écouter ou à raconter, à conter.
  • Elle peut être redonnée lors d’un spectacle familial (un peu comme pour la poésie) mais cette-fois ci, le spectacle est interactif : le public peut poser des questions. 
  • Jouez l’Histoire avec ses playmobils, marionnettes, légos…

Un exercice de géographie peut-être : 

  • Un jeu de « miss ou mister météo) : dessinez les cartes en grand et faites une présentation des éléments à travailler, puis laissez-le faire. Les plus courageux peuvent commencer sans la démonstration du parent.
  • Un jeu de fléchettes : lancez sur la carte la fléchette et échangez sur le lieu où elle est tombée. 
  • Déplacer des personnages sur la carte, jouer avec eux en amenant l’enfant à discuter des lieux concernés. 
  • La carte au trésor : Votre enfant ne regarde pas. Dessinez une croix sur le lieu du trésor et placer le bonhomme ailleurs sur la carte. Demandez à votre enfant de mener le bonhomme au trésor et décrivant les zones qu’il va traverser pour y parvenir. 

Le graal :

Jouer à la maîtresse ! Et oui, une grande passion pour beaucoup d’enfants est de jouer à la maîtresse. Alors pourquoi pas le faire avec les devoirs ?! 

Et surtout : n’oubliez pas de rire, de prendre du plaisir dans ces moments partagés avec votre enfant. L’émotion vient soutenir l’apprentissage et la mémorisation !:) 

Ils ont bien mieux à faire en rentrant le soir…

Oui mais ça c’était avant ! Avant que vous vous transformiez en vivier d’idées farfelues pour rendre les devoirs cool ! Parce que oui, c’est possible ! Mais avec un peu de préparation, j’en conviens. Vous pouvez aussi alterner : 

  • Un exercice « classique »
  • Puis un devoirs plus foufou.

Pensez que :

  • Plus vous aurez préparé de supports, moins vous aurez besoin d’en préparer de nouveaux.
  • Vous n’avez pas besoin d’être des pro des arts plastiques ou quoi que ce soit. Pour les cartes, les cartes géographiques, les « spectacles », soyez simples. C’est vous qui rendez vos objets intéressants et utilisables. 
  • Ce qui compte c’est que ce temps soit agréable pour votre enfant et vous. 
  • Ce n’est pas obligé d’être long. Vous pouvez en ajouter un peu plus lorsqu’il y a des évaluations par exemple. 

Après le temps des devoirs, vient bien sûr, le relâchement ! Une activité de son choix, ou peut-être la douche, pour l’amener à se détendre ? A vous de voir en fonction de votre timing de soirée, mais essayez de ne pas lui en demander beaucoup plus. Il pourra peut être ranger sa chambre ce weekend plutôt que ce soir ?

Allez, c’est à votre tour maintenant !

Le coin lecture:

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