Le TDC : La dyspraxie 2.0

Et oui, les TND c’est un peu comme les pokémons : ça évolue. En tout cas, leurs noms ! Nous en sommes donc aujourd’hui au Trouble Développemental des Coordinations (TDC) anciennement appelé « dyspraxie ».

Ce trouble met en lien une certaine maladresse, de la lenteur et des difficultés d’apprentissage moteur. Dans la pratique, cela impacte la vie quotidienne à différents niveaux selon les individus :

  • Retard dans les acquisitions psychomotrices
  • Lenteur dans certaines actions ou domaines
  • Chutes
  • Difficultés au niveau du graphisme
  • Tenue des couverts
  • Autonomie dans l’habillage
  • Faire du vélo
  • L’apprentissage de la nage, pour faire ses lacets
  • ….

Ces difficultés ne sont pas systématiquement retrouvées chez tous les individus bien entendu.

Le TDC peut toucher la motricité fine seule: les mouvements plus ou moins minutieux comme ouvrir un flacon, une bouteille, manipuler des legos, des petits éléments, visser/dévisser, découper…

Il peut toucher la motricité globale uniquement: vélo, nage, course… L’enfant chute, se cogne, manque de confiance lui dans ce domaine, évite les activités sportives ou certaines.

Ou bien les deux domaines peuvent être impactés.

Le TDC concerne la sphère motrice. D’autres domaines peuvent teinter le profil d’un TDC et notamment:

  • La résolution de problème et la planification
  • La visuo-construction = l’organisation dans l’espace de plusieurs éléments 2D/3D
  • Le repérage dans le temps et dans l’espace
  • Le dessin/coloriage
  • La latéralité
  • Le tonus
  • Les compétences attentionnelles
  • La fatigabilité

De plus, les enfants présentant un tels profils (et les adultes), ont souvent un fonctionnement hétérogène leur permettant de compenser certaines difficultés. Ainsi, pendant un temps, ces dernières peuvent ne pas être visibles ou gênantes. Cependant, lorsque ces compensations arrivent à une limite, il est bon d’intervenir. (Voir articles sur les aménagements scolaires et les TND).

Une frustration dans l’entourage des personnes présentant un tel profil est la notion de variabilité : « Parfois, il y arrive et parfois non ! ». En effet, c’est un des traits du TDC. Les productions sont variables et il est difficile de rendre automatiques celles qui sont efficaces. Un travail de « feed-back » (retours, analyse) verbal est donc intéressant pour aider les personnes présentant un TDC.

Voici le concept :

  • On guide l’enfant pour qu’il réalise un plan précis et détaillé de ce qu’il veut faire. (But, Comment ?)
  • Il réalise le plan. (Action)
  • On échange ensuite sur le résultat et on le guide pour qu’il repère ce qui a pu lui faire défaut. (Vérification)
  • Il corrige son plan et retente.

Ce travail se fait par guidage verbale. Plus l’enfant repère sa difficulté seul, mieux il la mémorisera et moins il refera cette erreur. → C’est une notion essentielle dans l’apprentissage.

Ce que je viens de vous décrire est inspiré d’une méthode appelée « COOP » sur laquelle vous pouvez vous renseignez car elle est super intéressante. Nous la mettons en place en groupe et en individuel, au sein du cabinet et elle porte ses fruits!

Pour accompagner une personne avec un profil de TDC il faut donc:

  • Lui laisser le temps d’apprendre;
  • Accepter qu’elle ne produise pas toujours avec la même qualité d’une fois sur l’autre;
  • Avoir en tête qu’elle peut rapidement se fatiguer car pour atteindre un même but, elle n’utilise pas les mêmes « chemins » que les autres.
  • La guider pour la mise en place d’un plan précis et détaillé.
  • Ne pas lui donner les réponses, mais la guider pour qu’elle les trouve elle même!
  • Mettre en valeur ses réussites +++

A vous de jouer!

Le coin Lecture: 

Pour les grands:

La Dyspraxie en 100 Questions/Réponses, Nathalie FRANC, Jessica NESENSOHN

Lise JOFFRES, Psychomotricienne.