Le coût de la prise en charge
Parlons peu, parlons argent. De nombreuses rééducations ne sont aujourd’hui pas remboursées par la sécurité sociale. C’est le cas du suivi psychologique, l’ergothérapie et la psychomotricité notamment. L’élément financier est donc à prendre en compte lorsque l’on démarre ce type d’accompagnement. Au-delà de ça, se pose la question de l’emploi du temps : amener l’enfant à ses soins demande du temps, parfois en pleine journée, ce qui implique le départ prématuré d’une journée de travail voire une diminution du temps de travail global…
Le coût, c’est aussi la vie au quotidien. Selon les profils des enfants concernés, les familles aménagent leurs lieux de vie, leur fonctionnement quotidien, investissent dans du matériel… Le coût, c’est aussi la fatigue que ces adaptations impliquent.
Heureusement, les choses avancent, d’où ce petit article. Avant de présenter les différents dispositifs en place ou en marche, un petit point sur tout ce que cela veut ou ne veut pas dire…
Avoir des aides veut dire « être aidé », « rendre accessible ». La plupart des enfants qui ont un retard ou un trouble du neuro-développement ne sont pas « malades ». Cependant, ils n’ont pas accès à certains éléments de la société de manière adaptée à leur fonctionnement. La société est adaptée à un type de profil. Un seul. Les autres doivent essayer de pousser la porte autant qu’ils peuvent pour essayer de rentrer dans le système. A ce jour, les seuls dispositifs en place portent des noms qui font peur, qui enferment et même parfois repoussent. Ils sont pourtant en place et offrent de nouvelles manières de voir le système, d’y vivre et de marquer l’originalité de chacun. Car oui, la normalité est obsolète. Elle n’existe pas. Aujourd’hui, nous devons pouvoir ouvrir toutes les portes. Alors nous avançons lentement, mais nous avançons. Et pour faire ce pas, il faut du courage, laisser tomber ses a priori, son vécu, ses mauvaises expériences et travailler à ce que cela change. Informer, échanger, sensibiliser et oser.
Ces plateformes sont certes imparfaites, mais elles ouvrent des possibilités, des accès, donnent des clés. Bien que les emprunter ne soit pas anodin, c’est aussi un autre pas, une avancée vers la reconnaissance de chacun dans sa spécificité.
Les tarifs
Ils varient d’un professionnels à l’autre lorsque ceux-ci ne sont pas conventionnés avec la sécurité sociale. Je vais parler des psychomotriciens puisque c’est un sujet que je maîtrise !
- Les structures : des psychomotriciens exercent dans des structures : CMPEA, CMPP, CAMPS,… les prises en charges sont totalement remboursées dans ce cadre là. Pour intégrer ces structures, il vous faut les contacter. Le point négatif est qu’il y a souvent de l’attente. Le point positif est la gratuité mais aussi et surtout l’équipe pluridisciplinaire qui prend en charge l’enfant.
- Les psychomotriciens en libéral : de ce côté là, les tarifs varient car les professionnels fixent aux-mêmes leur tarifs. Pourquoi il y a-t-il des différences ?
- → Selon le lieu d’exercice : en effet, les professionnels s’ajustent sur les autres et selon les villes, des variations sont possibles.
- → Selon le type de tests utilisés : les tests utilisés en bilan ont un coût assez important et le professionnel ajuste parfois son tarif au contenu de son bilan. De nombreux tests existent mais certains sont recommandés par la Haute Autorité de Santé (HAS).
- → Selon le type de bilan : en effet, le bilan psychomoteur peut être « général » ou bien avoir une certaine orientation (attentionnelle ou sensorielle par exemple). Les tests utilisés seront donc différents d’un bilan général ou bien des éléments seront approfondis.
Attention : J’attire votre attention sur le contenu du bilan. Il existe deux types de bilans psychomoteurs :
- Le bilan clinique (observations du professionnel)
- Le bilan normé (les test utilisés donne des résultats chiffrés, en lien avec la norme d’âge du patient)
L’idéal est la combinaison de ces deux éléments. En effet, l’analyse clinique est essentielle pour la compréhension du profil de l’enfant. Cependant les chiffres viennent compléter ces observations et surtout permettre la pose d’un diagnostic si nécessaire ou encore rendre accessible les aides financières si elles ont lieu d’être.
C’est pourquoi, lorsque vous recherchez un psychomotricien, ne vous arrêtez pas à son tarif pour comparer et faire votre choix, mais questionnez-le sur le contenu du bilan :
- les domaines évalués,
- si celui-ci utilise des tests normés.Car si ce n’est pas le cas, vous risquez de rencontrer des difficultés dans votre parcours pour la suite.
Présentation des différents dispositifs qui se mettent en place afin de soutenir les familles :
La MDPH (MDA) : Maison de l’Autonomie.
C’est elle qui est la plus ancienne des trois dispositifs que je vais vous présenter.
→ Elle est mise en place en fonction de la gêne quotidienne subit par l’enfant (école, maison, loisirs). La pose d’un diagnostic est souvent faite mais ce n’est pas sytématique. La plupart du temps, un suivi médical (pédopsychiatre ou neuropédiatre) est déjà en place et quelques bilans sont déjà réalisés. C’est avec ces éléments, ainsi que ceux relevés en classe et à la maison que le dossier MDPH se constitue. Ce dossier est à télécharger sur internet et à compléter par la famille et les professionnels qui l’entourent.
C’est une démarche assez fastidieuse mais qui ouvre ensuite plusieurs possibilités et notamment :
- L’officialisation du besoin d’aménagements scolaires : cela pouvant aller de l’allègement de la quantité d’écriture en passant par le placement dans la classe ou encore la mise en place d’une aide humaine ou d’un ordinateur.
Le point fort de cette officialisation est qu’elle couvre la famille qui peut mettre en avant ce droit auprès de l’équipe enseignante (cela est particulièrement aidant au collège notamment).
- La mise en place de réunions régulières de suivi pour évaluer les aménagements en place, leur pertinence, les ajuster mais aussi suivre l’évolution de l’enfant de manière globale : quotidien, classe, rééducations…
- La mise en place d’une aide financière pour couvrir les dépenses en lien avec les besoins de l’enfant. Pour cela, les devis des professionnels qui suivent l’enfant sont nécessaires. Les éléments liés au transport, le matériel spécialisé peut aussi être mentionné.
Ce dossier est ensuite transmis à la MDA, souvent via l’enseignant référent, qui est en lien avec la MDA. Je vous invite à vous rapprocher de la direction de l’école si vous souhaitez avoir le contact de cette personne. Cela semble évoluer et il est possible que ce soit les familles elles-mêmes qui doivent le transmettre d’ici peu.
Une fois le dossier transmis, il faut s’armer de patience. Son étude met entre 3 et 6 mois. Une fois cela fait, vous recevez une réponse avec les éléments mis en place. Il arrive que les demandes soient refusées, dans ce cas, il est possible de faire appel et d’essayer d’étayer davantage votre dossier si nécessaire.
Les aides proposées sont régulièrement réévaluées (tous les 6 mois). Cette réévaluation se base sur les besoins de l’enfant et son évolution, c’est pourquoi il est important de demander des comptes-rendus aux professionnels entourant votre enfant qui situent cette évolution. Et ce, dans les dates attendues : cela demande une certaine organisation et anticipation.
Les mutuelles:
Certaines mutuelles peuvent prendre en charge le bilan ou une partie et/ou encore quelques séances. Qui ne tente rien…
Les aides suivantes sont spécifiques à la région Occitanie,
Hérault,
il peut y avoir des nuances concernant les autres zones.
La PCO : Plateforme de Coordination et d’Orientation pour les troubles du neuro-développement.
Elle concerne les enfant de 0 à 6 ans, qui n’ont pas encore de dossier MDPH en place.
Pour notre région, elle est en lien avec le CHU de Montpellier.
Elle a pour but de favoriser le diagnostic précoce des troubles du neuro-développement. Lorsque le dispositif est en place pour un enfant, une prise en charge financière des soins non remboursés est assurée sur un an renouvelable 6 mois. Au-delà, si le suivi doit se poursuivre, les démarches auprès de la MDPH (MDA) devront être faites afin que celle-ci prenne le relais pour les aides financières et autres éléments cités plus haut.
Voilà la démarche à suivre :
- Faire remplir le formulaire d’adressage à votre médecin traitant : il concerne le développement de votre enfant, les éléments qui questionnent et justifient votre demande.
- Transmettre le dossier à la plateforme (le médecin peut le faire)
- Le dossier est étudié et l’intervention précoce est enclenchée.
- La réalisation de bilans et de rééducations normalement non remboursées seront ici prises en charges, si les professionnels qui les réalisent ont conventionnés avec cette même plateforme.
Ici, la réalisation de bilan préalable n’est pas nécessaire et peut être prise en charge une fois que la plateforme est enclenchée.
Cette plateforme est aujourd’hui active et vous pouvez réaliser les démarches si vous le souhaitez.
La plateforme TSLA :
En lien avec occitadys. Elle concerne les enfants de 6 à 15 ans. Cependant, à ce jour, tous les troubles du neuro-développement ne sont pas pris en charge dans cette plateforme et notamment le TSA (Trouble du Spectre de l’Autisme) et la déficience intellectuelle.
C’est ici aussi une plateforme à visée diagnostic.
Voici les démarches à suivre :
- Réaliser un rendez-vous avec un médecin ayant conventionné avec la plateforme
- Le dossier est étudié
- S’il est accepté, vous pouvez contacter les professionnels ayant eux aussi conventionné avec cette plateforme pour réaliser les bilans et rééducations nécessaires qui seront prises en charge par la plateforme.
Voici une vidéo qui développe davantage la démarche.
Le coin lecture :
Dys, TDAH, EIP Le manuel de survie pour les parents (et les profs). Christelle Chantreau-Béchouche et Morgane Carlier.