Les particularités sensorielles
La brise du vent. Caresse pour certains, fraîcheur et bien être pour les uns, frisson pour d’autres, agression parfois même.

Nos sens reçoivent des informations à longueur de journée. Il les traite, les traduisent et provoquent des ressentis, des réactions. La façon dont nous recevons ces informations, dont nous les traitons diffère. Car nous sommes différents aussi dans nos systèmes sensoriels.
De qui parle-t-on ?
Pour commencer, voici les sens que l’humain présente :
- Tactile : le toucher, les textures. La sensibilité n’est pas la même en fonction des différentes parties du corps.
- Olfactif : odorat, très liée au goût mais aussi aux émotions. Sa perception peut être très différente en fonction des personnes.
- Gustatif : combine plusieurs sens et notamment : l’odorat, l’audition, le tact, les sensations thermiques et nociceptives (douleurs).
- Auditif : ce sens étant très lié au système vestibulaire.
- Visuel : c’est le dernier sens à se développer. Il met en lien la forme, le mouvement les couleurs et les textures afin de former une image.
- Vestibulaire : en lien avec l’équilibre, il nous donne la sensation de stabilité, de chutes…
- Proprioceptif : position du corps dans l’espace (lien avec les muscles, les tendons et les articulations.
- Musculaire : sensations de contraction/relâchement.
- Intéroceptif : fonctionnement des viscères.
Comment se transmet une information sensorielle ?
L’information arrive et sa « traduction » dépend de trois paramètres : son intensité (si elle est forte ou non), sa durée (soudaine, durable, on s’habitue à certains signaux continus), et sa localisation. Un tri s’opère entre les informations importantes à traiter et celles qui sont moins importantes. Ainsi, nous adoptons un comportement adapté : souffler quand c’est trop chaud, ouvrir la fenêtre pour une odeur forte, la refermer s’il y a trop de bruits dehors…
Et comme nous sommes tous différents…
Afin de repérer une informations nous avons des seuils, nous allons les appeler ici « surveillants ». En gros, certains surveillants sont très alertes et repèrent très rapidement quand quelque chose bouge, change. Il vont donc très vite donner l’alarme. On parle de « seuil bas ».
Pour d’autres, les surveillants sont plus endormis… il leur faudra beaucoup plus d’informations pour se rendre compte que quelque chose se trame et transmettre l’information. On parle de « seuil haut ».
Quelles conséquences ?
En fonction des seuils, des informations peuvent être transmises rapidement et en grande quantité, et d’autres seront hiérarchisées, transmises que si elles sont vraiment fortes. Cela teintera les réactions des uns, comportement des autres.
Par exemple
Un enfant très/trop mobile pourra présenter :
- un seuil bas : recevoir de nombreuses informations qu’il aura du mal à gérer, cela pouvant le fatiguer et amener ainsi du mouvement. On parle souvent d’hypersensibilité ou hyperréactivité.
- mais un autre pourrait présenter un seuil haut : le mouvement servant de déclencheur d’informations. On parle d’hyposensibilité ou d’hyporéactivité.
En clair
Les particularités sensorielles sont plus ou moins marquées selon les profils. On en retrouve régulièrement lorsque des troubles du neuro-développement sont présents. Celles-ci viennent s’ajouter au profil de fonctionnement des enfants et expliquent parfois, souvent même, leur façon de fonctionner, de réagir aux choses. C’est une autre facette des TND. Une nouvelle pièce de puzzle. Comprendre le profil sensoriel de l’enfant. Elle ouvre de nouvelles possibilités pour l’aider.
Ces seuils, nous pouvons difficilement les observer par une approche neurologique. Ce qui nous donne des indices à leur sujet, c’est la réaction de chacun face à une stimulation. Et je vous renvoie pour cela aux premières phrases de cet article. Certains réagissent peu, pas. D’autres au contraire, vont fuir certaines situations ou encore, les rechercher.
En ajustant les informations sensorielles reçues par l’un ou l’autre, nous pouvons soutenir par exemple, la concentration. Rendre disponible des enfants qui étaient comme « saturés » jusque là. Et pour y parvenir, nous devons étudier leur profil, leur fonctionnement sensoriel.
Comment ?
En observant leurs réactions face aux éléments de la vie quotidienne. Ce qu’il apprécient et ce dont ils s’éloignent. Pour cela, il existe notamment le bilan sensoriel. C’est un vaste questionnaire reprenant plusieurs éléments de la vie quotidienne, que le parent remplit et qui donne de nombreuses informations sur ce qui nous intéresse.
Une fois ce questionnaire remplit, le psychomotricien relève les informations, et prend le temps de dessiner le profil le plus proche possible de l’enfant. Ainsi, des outils, aménagements pourront être envisagés pour aider l’enfant au quotidien. Du sur-mesure en fait. Cela demandera du temps car tous les outils ne sont pas utiles, appréciés, investis.
Le coin lecture :
Favoriser l’attention par des stratégies sensorielles, Sonya Côté
Questions de perception sensorielle dans l’autisme et le syndrome d’asperger, Olga Bogdashina
Le TDAH chez l’enfant et l’adolescent, coordonné par Céline Clément.
Mon enfant apprivoise ses sens: Stratégies d’adaptation aux particularités sensorielles, Myriam Chrétien-Vincent , Sylvie Tétreault, et al.
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